Manuel anti-IVG: attaquée en diffamation, une gynécologue relaxée

    Par Le Figaro avec AFP

    Publié le 17/06/2019 à 15:49, mis à jour le 17/06/2019 à 15:54
    Elle avait qualifié de «manuel de manipulation» un livret anti-avortement distribué dans certains lycées privés: attaquée en diffamation par la fondation Lejeune, la gynécologue Danielle Gaudry, ancienne responsable de la commission avortement au planning familial, a été relaxée lundi à Versailles.

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    Danielle Gaudry était poursuivie pour avoir déclaré sur France Info en septembre 2016 que «le problème de ce manuel c’est (qu’) il y a des contre-vérités scientifiques qui sont énoncées et (que) c’est un manuel de manipulation». A l’origine de ce document, la fondation Jérôme-Lejeune, qui soutient la recherche sur la trisomie et la lutte contre l’avortement. C’est elle qui avait porté plainte contre la médecin.

    L’audience du 15 avril avait été l’occasion d’une passe d’armes autour de ce manuel: ce qui y est écrit «présente des éléments qui ne reposent pas sur des éléments que j’ai appris à l’université ou même sur ce que dit l’OMS», a déclaré Danielle Gaudry à la barre. «Le fait de parler de refus d’enfant quand une femme choisit une méthode contraceptive est une contre-vérité», a-t-elle argumenté. Même chose lorsque «dans le manuel, il est écrit que la contraception d’urgence est abortive». Elle a également estimé que ce livret remettait en cause les manuels scolaires et «incitait» ainsi les élèves à s’en détourner.

    «Ne pas être d’accord avec quelqu’un ne suffit pas à l’accuser de manipulation», lui a répondu l’avocat de la fondation, Me Antoine Beauquier. Danielle Gaudry «explique qu’un fœtus ne peut ressentir la douleur avant le sixième mois. Les plus grands professeurs pensent qu’il ressent la douleur au deuxième trimestre», a avancé l’avocat. «La fondation est critiquée pour avoir dit qu’il pouvait y avoir des conséquences à un avortement or l’avortement comporte des risques et n’est pas un acte sain et sans conséquences», a-t-il poursuivi.

    L’avocate de Danielle Gaudry, Me Khadija Azougach, avait dénoncé une procédure en diffamation visant à «museler la science et intimider la jeunesse». La fondation Lejeune a intenté un autre procès en diffamation contre l’ancienne ministre de la famille Laurence Rossignol, pour des propos tenus dans Libération qualifiant de «manuel de propagande» l’ouvrage en question.

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